Le daltonisme concerne plus de clients qu'on ne l'imagine
Le daltonisme touche environ 8 % des hommes et moins de 1 % des femmes, le plus souvent sous la forme d'une difficulté à distinguer le rouge et le vert. Sur une base de plusieurs centaines de clients ou de visiteurs d'un site, cela représente statistiquement plusieurs dizaines de personnes pour qui certains choix de couleurs rendent un logo plus difficile à identifier rapidement. Ce n'est pas un cas marginal à traiter à part : c'est une contrainte ordinaire à intégrer dès la conception, comme la lisibilité en petite taille ou en noir et blanc.
Les différents types de daltonisme et ce qu'ils changent visuellement
La forme la plus fréquente, la deutéranomalie, réduit la capacité à distinguer certaines nuances de vert et de rouge, qui peuvent apparaître plus proches l'une de l'autre que pour une vision standard. La protanomalie fonctionne de manière proche mais affecte davantage la perception du rouge lui-même, qui peut sembler plus sombre ou plus brun. La tritanomalie, beaucoup plus rare, concerne l'axe bleu-jaune. Dans tous les cas, ce n'est pas la couleur qui disparaît complètement, c'est la différence entre deux couleurs proches qui s'atténue.
Pourquoi le contraste de luminosité compte plus que la teinte
Le point essentiel à retenir : une personne daltonienne distingue très bien les différences de clarté, même quand elle ne distingue pas bien les différences de teinte. Deux couleurs très différentes en nuance mais proches en luminosité (un rouge vif et un vert vif de même intensité, par exemple) posent davantage de problèmes qu'une couleur claire associée à une couleur foncée, même si ces deux couleurs sont proches sur le cercle chromatique. Travailler le contraste de clarté entre les éléments d'un logo, indépendamment de la teinte choisie, améliore donc la lisibilité pour tout le monde, daltonien ou non.
Les associations de couleurs à éviter en proximité directe
Certaines combinaisons posent plus souvent problème lorsqu'elles sont placées côte à côte sans séparation : rouge et vert de même intensité, bleu et violet proches, vert et marron dans certaines nuances. Cela ne signifie pas qu'il faut bannir ces couleurs du logo, mais plutôt éviter de compter uniquement sur leur différence de teinte pour séparer deux éléments importants. Ajouter un contour, un espace blanc entre les formes, ou une différence de clarté marquée résout la plupart de ces cas sans changer la palette de la marque.
Un logo coloré et lisible par tous vos clients ?
En discuter avec VincentTravailler en niveaux de gris pour se tester soi-même
Il existe des logiciels de simulation du daltonisme, mais un test très simple ne demande aucun outil spécialisé : convertir temporairement le logo en niveaux de gris. Si chaque élément reste distinct des autres une fois la couleur retirée, c'est que le contraste de luminosité est suffisant, et le logo a de bonnes chances de rester lisible pour une grande partie des formes de daltonisme. Si tout se mélange en une masse grise uniforme, c'est le signe qu'il faut revoir l'écart de clarté entre les formes, indépendamment des teintes choisies.
Le cas particulier des logos à une seule couleur
Un logo construit avec une seule couleur, utilisée en plusieurs niveaux de clarté plutôt qu'en plusieurs teintes, échappe quasiment par définition aux problèmes d'association rouge-vert puisqu'il n'y a pas de deuxième teinte à distinguer. Cette approche, déjà courante pour des raisons de coût d'impression ou de simplicité de marque, se trouve être également l'une des solutions les plus fiables en matière d'accessibilité chromatique, à condition de bien gérer l'écart de clarté entre les différents niveaux utilisés.
Ce que j'observe comme graphiste
Dans mes projets, l'accessibilité chromatique n'est presque jamais demandée explicitement par le client au départ : c'est une question que je pose moi-même dès qu'une palette repose sur une opposition rouge-vert ou sur des teintes très proches en clarté. Dans la grande majorité des cas, un petit ajustement de contraste suffit à régler le problème sans toucher à l'identité de la marque ni à ses couleurs de préférence.
Pour résumer
Concevoir un logo accessible aux personnes daltoniennes ne demande pas de renoncer à une palette de couleurs précise : cela demande de vérifier que le contraste de luminosité entre les éléments reste suffisant, indépendamment des teintes choisies. Un test rapide en niveaux de gris permet de repérer la plupart des problèmes avant même de recourir à un outil de simulation spécialisé.
Questions fréquentes
Combien de personnes sont concernées par le daltonisme ?
Environ 8 % des hommes et moins de 1 % des femmes dans le monde, principalement avec une difficulté à distinguer le rouge et le vert. Sur une base de clients ou de prospects, cela représente rarement un cas isolé.
Un logo rouge et vert est-il forcément à éviter ?
Pas nécessairement, mais ces deux couleurs placées côte à côte sans différence de luminosité deviennent difficiles à distinguer pour une personne daltonienne. Ajouter un contraste de clarté entre les deux résout une grande partie du problème.
Comment tester soi-même l'accessibilité d'un logo ?
Convertir le logo en niveaux de gris est le test le plus simple : si les éléments restent distincts les uns des autres une fois la couleur retirée, le contraste de luminosité est suffisant et le logo a de bonnes chances de rester lisible pour les personnes daltoniennes.